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Zone de confort : pourquoi éviter ce qui vous stresse peut renforcer l’anxiété

  • Photo du rédacteur: Elodie
    Elodie
  • 19 avr.
  • 11 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Femme hésitant devant l’entrée d’un café, illustrant l’évitement lié à l’anxiété et à la peur de sortir de sa zone de confort.

Il y a quelque chose de très agréable dans l’évitement.

Pendant quelques secondes.

Vous déclinez l’invitation qui vous mettait mal à l’aise.

Vous repoussez ce coup de téléphone.

Vous décidez finalement de ne pas entrer dans ce magasin.

Vous ne prenez pas la parole.

Vous annulez.

Et immédiatement, quelque chose redescend.

Ouf. Je n’aurai pas à affronter ça.


C’est précisément pour cette raison que l’évitement peut devenir aussi puissant.

Parce qu’à court terme, il fonctionne.

Le problème apparaît plus tard.

À force d’éviter ce qui déclenche de l’anxiété, certaines situations commencent à paraître de plus en plus difficiles. Puis d’autres viennent s’ajouter. Et sans vraiment s’en rendre compte, on finit parfois par organiser une partie de sa vie autour d’une question : « Comment faire pour ne surtout pas ressentir ça ? »

Le problème n’est alors plus seulement l’anxiété.

C’est que votre monde commence à rétrécir autour d’elle.


La zone de confort n’est pas votre ennemie


Commençons par corriger une idée très répandue.

Vous n’avez pas besoin de sortir constamment de votre zone de confort.

Le confort, les habitudes, la récupération et la prévisibilité ont une fonction.

Il est parfaitement sain d’avoir des endroits, des personnes et des activités dans lesquels vous pouvez relâcher la pression.

Le problème commence lorsque votre zone de confort n’est plus un endroit où vous revenez…

mais une frontière que vous n’osez plus franchir.

Vous aimeriez faire certaines choses.

Mais vous les évitez parce que vous anticipez :

« Je vais paniquer. »

« Je vais avoir l’air ridicule. »

« Je ne vais pas savoir quoi dire. »

« Mon cœur va s’emballer. »

« Je vais perdre mes moyens. »

Alors vous restez dans ce que vous connaissez.


Et chaque fois que vous évitez, votre cerveau reçoit une information très simple : « Nous avons échappé à quelque chose de dangereux. »

Même lorsque la situation n’était pas réellement dangereuse.


Vous vous reconnaissez dans ce mécanisme ?


Vous n’avez pas besoin de commencer par « vaincre votre peur ».

Commencez plutôt par observer ce que l’anxiété vous fait éviter aujourd’hui.

C’est souvent là que se trouve le premier petit espace à récupérer.


Pourquoi l’évitement soulage… puis entretient la peur


Prenons une situation simple.

Vous devez téléphoner à quelqu’un.

Vous commencez à anticiper la conversation.

Votre ventre se serre.

Vous réfléchissez à ce que vous allez dire.

Puis vous vous dites : « Je le ferai demain. »

Votre tension baisse immédiatement.

Votre cerveau apprend alors quelque chose :

éviter = soulagement.

La prochaine fois que vous devrez appeler quelqu’un, l’envie d’éviter aura encore plus de chances d’apparaître.

Ce mécanisme est particulièrement important dans les troubles anxieux.

L’évitement réduit la détresse à court terme, mais il empêche aussi de vivre une expérience essentielle : découvrir ce qui se serait passé si vous étiez resté(e) dans la situation.


Vous ne découvrez pas que l’inconfort aurait peut-être augmenté puis diminué.

Vous ne découvrez pas que vous auriez pu hésiter et continuer quand même.

Vous ne découvrez pas que la conversation aurait pu être imparfaite sans devenir catastrophique.

L’évitement vous protège donc d’une expérience désagréable.

Mais il vous prive aussi de l’expérience qui aurait pu mettre à jour votre prédiction.


Femme face à deux chemins dans un parc, illustrant le choix entre rester dans ses habitudes ou essayer une nouvelle voie.

Votre cerveau peut apprendre autre chose


C’est l’un des principes importants de l’exposition thérapeutique.

Le but n’est pas de vous jeter brutalement dans ce qui vous terrifie jusqu’à ce que vous « vous habituiez ».

Et certainement pas de vous prouver que vous êtes capable de souffrir.

L’objectif est plutôt de créer de nouvelles expériences : « J’ai eu peur et j’ai quand même pu rester. »

« Je ne savais pas exactement quoi dire et la conversation a quand même eu lieu. »

« Mon cœur a accéléré, mais je n’ai pas été obligé(e) de fuir. »

« La situation n’a pas été confortable, mais j’ai pu la traverser. »

C’est une nuance fondamentale.

Le but n’est pas : ne plus ressentir d’anxiété.

Le but est : ne plus avoir besoin d’attendre que l’anxiété disparaisse pour vivre.

Si ce sont surtout les sensations corporelles qui vous font peur, vous pouvez d’ailleurs lire aussi pourquoi l’anxiété peut faire s’emballer le corps même lorsqu’il n’y a pas de danger apparent.


Et si votre cerveau vous fournit cent raisons de ne pas le faire ?


C’est fréquent.

Lorsque vous envisagez une situation évitée, le cerveau peut immédiatement commencer à produire des scénarios : « Et si je bafouille ? »

« Et si quelqu’un me juge ? »

« Et si je panique ? »

« Et si je regrette ? »

« Et si ça se passe mal ? »

Puis vous analysez.

Vous répétez mentalement.

Vous cherchez la phrase parfaite.

Vous essayez d’obtenir suffisamment de certitude avant d’agir.

Et parfois, vous vous épuisez avant même d’avoir commencé.

C’est exactement le mécanisme du petit vélo mental : réfléchir encore ne vous apporte plus réellement d’information, mais donne l’impression que vous devez continuer à chercher avant de pouvoir agir.


La sortie n’est donc pas forcément de trouver une pensée suffisamment rassurante.

Elle peut être : agir avec une petite part d’incertitude encore présente.


Le piège du « je le ferai quand je serai prêt(e) »


Il semble raisonnable de se dire : « Je le ferai quand je serai moins anxieux(se). »

Le problème est que ce jour peut être repoussé indéfiniment.

Parce que votre cerveau ne reçoit jamais la preuve que vous pouvez faire cette chose avec un peu d’anxiété présente.

Il attend donc toujours les mêmes conditions :

plus de confiance ;

plus de calme ;

plus de certitude ;

plus de motivation.

Et parfois, ces conditions n’arrivent qu’après avoir commencé à agir.

C’est pourquoi un changement beaucoup plus utile peut être :

Je n’ai pas besoin d’être prêt(e) à 100 %. J’ai simplement besoin d’un défi suffisamment petit pour pouvoir essayer.

La règle du 1 % : ne cherchez pas à devenir courageux aujourd’hui


Oubliez les grands défis.

Choisissez quelque chose qui se situe juste légèrement au-delà de ce que vous faites actuellement.

Pas 50 %.

Pas une situation qui vous terrorise.

1 %.

Quelques exemples :

Si vous évitez de téléphoner, appeler pour demander une information très simple.

Si vous avez peur de prendre la parole, poser une seule question.

Si vous évitez certains magasins, y entrer deux minutes sans obligation d’acheter.

Si vous évitez de manger seul(e) quelque part, commencer simplement par boire quelque chose sur place.

Si vous avez peur du regard des autres, porter quelque chose d’un tout petit peu moins neutre que d’habitude.

Si la nouveauté vous inquiète, modifier un seul élément d’une habitude.

L’objectif doit être suffisamment petit pour que votre cerveau puisse dire : « Je n’aime pas beaucoup cette idée… mais je peux probablement tenter ça. »

C’est cette zone qui nous intéresse.


Infographie présentant le défi de 1 % : trop facile, juste inconfortable ou trop intense, pour avancer progressivement malgré l’anxiété.

Avant le défi : ne cherchez pas à supprimer l’anxiété


C’est un point particulièrement important.

Si vous utilisez systématiquement une technique avec l’objectif : « Je dois faire disparaître mon anxiété avant d’agir »

vous risquez involontairement de créer une nouvelle règle : « Je ne peux faire cette chose que si je suis suffisamment calme. »

Vous pouvez bien sûr utiliser un outil pour vous soutenir.

Sentir vos pieds.

Observer votre environnement.

Prendre quelques secondes.

Vous rappeler votre objectif.

Mais essayez de ne pas transformer cet outil en condition obligatoire.

Vous pouvez avoir le cœur un peu rapide.

Vous pouvez sentir votre ventre serré.

Vous pouvez ne pas être totalement détendu(e).

Et faire le petit pas quand même.

Pour choisir un outil adapté sans transformer le calme en nouvelle performance, vous pouvez aussi lire comment apaiser son système nerveux au quotidien.


Pendant : observez surtout ce que vous faites


Lorsque nous sommes anxieux, nous passons souvent beaucoup de temps à mesurer :

« Est-ce que ça va ? »

« Est-ce que ça monte ? »

« Est-ce que je tremble ? »

« Est-ce que les autres le voient ? »

Essayez plutôt de déplacer la question : « Qu’est-ce que je suis en train de faire malgré l’anxiété ? »

Je suis entré(e).

J’ai posé ma question.

Je suis resté(e) trente secondes supplémentaires.

J’ai regardé mon interlocuteur.

J’ai envoyé le message.

J’ai essayé quelque chose de différent.

Le succès n’est pas : « Je n’ai rien ressenti. »

Le succès est : « J’ai réalisé l’action que j’avais choisie. »


C’est exactement là que les micro-défis deviennent puissants

Une expérience isolée peut être intéressante.

Mais ce sont les petites expériences répétées, graduées et adaptées qui permettent réellement de reconstruire de la liberté.

C’est la logique que je veux intégrer dans les parcours Alphie : avancer par étapes concrètes, observer ce qui s’est réellement passé et choisir ensuite le défi suivant.


A venir


Après : ne demandez pas uniquement « Est-ce que j’ai eu peur ? »


Après un défi, notre cerveau peut faire quelque chose d’assez injuste.

Vous avez réussi à faire l’action.

Mais vous vous dites :

« Oui, mais j’étais très stressé(e). »

« Oui, mais j’ai tremblé. »

« Oui, mais j’ai hésité. »

« Oui, mais j’aurais dû être plus naturel(le). »

Et vous transformez une expérience réussie en échec.

Essayez plutôt trois questions :

Qu’avais-je prévu qu’il se passe ?

Qu’est-ce qui s’est réellement passé ?

Qu’est-ce que cette expérience m’apprend pour la prochaine fois ?

Par exemple :

Je pensais que je ne trouverais aucun mot. J’ai hésité quelques secondes, puis j’ai posé ma question. La prochaine fois, je peux essayer une situation légèrement plus difficile.

C’est beaucoup plus utile que : « Bravo, tu as été courageux(se). »

Vous collectez des données sur vos propres prédictions.


L’anxiété sociale est un très bon exemple


Dans l’anxiété sociale, le monde peut rétrécir très progressivement.

On commence par ne plus intervenir en groupe.

Puis on évite certains appels.

Puis certains lieux.

Puis certaines invitations.

Puis on prépare énormément les interactions.

Puis on évite tout ce qui pourrait nous exposer au jugement.

Le problème n’est pas seulement la peur sociale.

Ce sont aussi tous les comportements de protection qui finissent par organiser la vie autour de cette peur.

Les micro-défis peuvent être particulièrement intéressants ici parce qu’ils permettent une progression extrêmement fine.

Par exemple :

Jour 1 : demander l’heure.

Puis : demander une information.

Puis : faire une remarque spontanée.

Puis : poser une question.

Puis : maintenir quelques secondes supplémentaires une interaction.

Puis : donner son avis.

Et ainsi de suite.

Pas pour apprendre à devenir extraverti(e).

Pas pour devenir « à l’aise partout ».

Mais pour pouvoir choisir davantage librement ce que vous faites.


Attention : tout inconfort n’est pas un évitement à dépasser


C’est une nuance que je veux absolument conserver.

Il existe des situations que l’on évite parce qu’elles déclenchent une peur que l’on souhaiterait dépasser.

Et il existe aussi des situations qui sont réellement trop coûteuses, trop stimulantes ou incompatibles avec certains besoins.

Ce n’est pas la même chose.


Cette distinction est notamment essentielle chez les personnes autistes, pour qui ce que l’on appelle rapidement « zone de confort » peut parfois correspondre à un besoin de prévisibilité, une surcharge sensorielle, une fatigue sociale ou une limite réelle.


Votre monde n’a pas besoin de s’agrandir d’un coup


Vous n’avez pas besoin d’organiser un grand défi.

Ni de devenir une nouvelle personne.

Ni de supprimer votre anxiété.

Vous pouvez simplement repérer aujourd’hui un endroit où la peur a gagné quelques centimètres.

Un message que vous n’envoyez plus.

Une situation que vous évitez.

Une question que vous n’osez plus poser.

Une petite nouveauté devenue disproportionnellement inquiétante.

Et vous demander : « Quel serait 1 % de mouvement dans cette direction ? »

C’est tout.

Puis recommencer.

Parce qu’au fond, sortir de sa zone de confort n’a jamais été le véritable objectif.

L’objectif est plutôt de s’assurer que l’anxiété ne décide pas seule de la taille de votre vie.


Si l’anxiété vous fait progressivement renoncer à certaines choses


Vous n’avez pas besoin d’un défi spectaculaire.

Vous avez besoin d’un chemin suffisamment progressif pour pouvoir expérimenter, ajuster et recommencer.

C’est exactement ce que permettront les parcours guidés Alphie : des micro-défis adaptés à votre point de départ, accompagnés d’un temps de préparation et de retour d’expérience.




En bref : éviter une situation anxiogène peut soulager immédiatement. Mais lorsque cet évitement se répète, il peut empêcher de découvrir que la situation était peut-être supportable et entretenir la peur. L’objectif n’est pas de se forcer brutalement, mais de réintroduire progressivement de petites expériences suffisamment accessibles pour pouvoir apprendre et recommencer.


Sources

  • Craske MG, Treanor M, Conway CC, Zbozinek T, Vervliet B. (2014). Maximizing exposure therapy: An inhibitory learning approach. Behaviour Research and Therapy, 58, 10–23.

  • Hofmann SG, Hay AC. (2018). Rethinking avoidance: Toward a balanced approach to avoidance in treating anxiety disorders. Journal of Anxiety Disorders.

  • Treanor M, Barry TJ. (2017). Treatment of avoidance behavior as an adjunct to exposure therapy: Insights from modern learning theory. Behaviour Research and Therapy, 96, 30–36.

  • NICE. Social anxiety disorder: recognition, assessment and treatment – Clinical guideline CG159.

  • NICE. Autism spectrum disorder in adults: diagnosis and management – Clinical guideline CG142.


FAQ


Pourquoi sortir de sa zone de confort peut-il aider contre l’anxiété ?

Le problème n’est pas la zone de confort elle-même. Il apparaît lorsque l’anxiété nous conduit à éviter de plus en plus de situations que nous aimerions pourtant pouvoir vivre. Réintroduire progressivement certaines situations permet de faire de nouvelles expériences et de vérifier si nos prédictions anxieuses correspondent réellement à ce qui se passe.


Est-ce que l’évitement augmente l’anxiété ?

L’évitement peut apporter un soulagement immédiat, ce qui explique pourquoi il devient facilement une habitude. Mais lorsqu’il concerne des situations relativement sûres et se répète, il peut empêcher de découvrir qu’il était possible de traverser la situation. Il peut ainsi contribuer au maintien de certaines peurs.


Faut-il se forcer à affronter ses peurs ?

Non. L’objectif n’est pas de se jeter brutalement dans une situation insupportable. Les approches fondées sur l’exposition travaillent généralement de manière progressive et structurée. Un défi utile doit être suffisamment accessible pour permettre une véritable expérience, et non devenir une épreuve destinée à prouver que l’on peut supporter n’importe quoi.


Qu’est-ce qu’un micro-défi contre l’anxiété ?

C’est une action légèrement plus difficile que ce que vous faites habituellement : poser une question, passer un appel court, entrer quelques minutes dans un lieu évité ou prendre davantage la parole, par exemple. Dans cet article, j’utilise l’image du « défi de 1 % » pour désigner un tout petit pas. Le chiffre n’est pas une prescription scientifique : il sert simplement à rappeler qu’un progrès peut être très petit.


Dois-je attendre d’être calme avant de faire quelque chose qui m’angoisse ?

Pas nécessairement. Attendre systématiquement que toute anxiété ait disparu peut renforcer l’idée que vous ne pouvez agir que lorsque vous vous sentez parfaitement calme. Une autre possibilité est d’apprendre progressivement que vous pouvez réaliser certaines actions tout en ressentant un niveau d’inconfort supportable.


Comment savoir si mon micro-défi est trop difficile ?

Si le défi est tellement intense que votre seul objectif devient de fuir, de tenir jusqu’à ce qu’il se termine ou de ne plus jamais recommencer, il peut être utile de réduire l’étape. Le principe n’est pas de maximiser la peur, mais de créer une expérience suffisamment accessible pour pouvoir observer ce qui se passe et éventuellement la répéter.


Les micro-défis peuvent-ils aider pour l’anxiété sociale ?

Oui, l’exposition graduée et les expériences comportementales font partie des interventions recommandées dans les thérapies cognitivo-comportementales de l’anxiété sociale. Elles peuvent par exemple travailler progressivement la prise de parole, les interactions, la peur du jugement ou certains comportements de sécurité.


Le but est-il de ne plus avoir peur ?

Pas forcément. Une expérience peut être utile même si vous avez ressenti de l’anxiété. Ce qui compte davantage est ce que vous apprenez : ce que vous aviez prévu, ce qui s’est réellement produit et ce que vous pouvez éventuellement essayer la prochaine fois. Les modèles contemporains de l’exposition insistent justement sur ces nouveaux apprentissages plutôt que sur la seule disparition immédiate de la peur.


Cette approche convient-elle aux personnes autistes ?

Elle peut être pertinente lorsqu’un véritable mécanisme d’évitement anxieux est présent, mais elle nécessite davantage de nuance. Une situation évitée peut aussi être trop coûteuse en raison d’une surcharge sensorielle, d’un besoin de prévisibilité, de difficultés liées aux transitions ou d’autres caractéristiques du fonctionnement autistique. Les adaptations doivent donc tenir compte de l’environnement, de la structure et des besoins individuels.

A lire : « TSA et zone de confort : quand se préserver n’est pas de l’évitement »

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