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Harcèlement scolaire : que faire concrètement pour aider son enfant ?

24 sept. 2024
12 min de lecture

Dernière mise à jour : 26 août

Enfant assis seul dans un couloir d’école, illustrant l’isolement lié au harcèlement scolaire.

Il vous dit qu’on se moque de lui.

Qu’on l’attend à la récréation.

Qu’un groupe a encore envoyé quelque chose sur lui.

Ou peut-être qu’il ne dit rien du tout, mais que depuis quelque temps, il a mal au ventre tous les matins, ne veut plus aller en cours, dort mal et semble devenir une autre personne dès que l’école est évoquée.

Et lorsqu’on comprend enfin ce qui se passe, une question prend généralement toute la place :

Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

Évidemment, il faut signaler la situation. Évidemment, les adultes doivent intervenir.

Mais entre « prévenir l’établissement » et « mon enfant va mieux », il existe parfois un gouffre.

Parce qu’un enfant qui a été harcelé n’a pas seulement besoin que les faits cessent.

Il a aussi besoin de retrouver quelque chose que le harcèlement lui a progressivement retiré : la sensation d’avoir du pouvoir sur ce qui lui arrive.

Et c’est souvent là que l’accompagnement devient essentiel.


Harcèlement scolaire : de quoi parle-t-on exactement ?


Une dispute, même violente, n’est pas forcément du harcèlement.

Le harcèlement scolaire repose généralement sur des violences verbales, psychologiques, physiques ou numériques qui se répètent et installent progressivement une relation dans laquelle l’enfant ciblé a de plus en plus de difficulté à se défendre ou à sortir de la situation.

Cela peut être très visible :

  • insultes ;

  • menaces ;

  • coups ;

  • bousculades ;

  • affaires volées ou détériorées.

Mais cela peut aussi être beaucoup plus discret :

  • remarques humiliantes répétées ;

  • exclusion organisée ;

  • rumeurs ;

  • mimiques et regards destinés à intimider ;

  • surnom dégradant qui finit par être repris par tout un groupe ;

  • messages ou montages diffusés en ligne ;

  • création d’un groupe de discussion dont l’enfant devient la cible.


Et il ne faut pas nécessairement attendre une agression spectaculaire pour agir.

L’enquête nationale menée en 2023 estimait que le harcèlement concernait environ 5 % des écoliers du CE2 au CM2, 6 % des collégiens et 4 % des lycéens. Certaines violences répétées sont encore plus fréquentes.


Derrière ces pourcentages, il y a surtout des enfants pour qui entrer dans une cour de récréation, ouvrir leur téléphone ou simplement entendre le prénom d’un camarade peut finir par provoquer une véritable montée d’alerte.


Adolescente isolée dans une cour d’école tandis qu’un groupe de camarades se moque d’elle, illustrant le harcèlement scolaire et l’exclusion sociale.

Le premier réflexe : croire l’enfant avant de mener l’enquête


Lorsqu’un enfant finit par parler, notre cerveau d’adulte cherche immédiatement à comprendre.

« Depuis quand ? »

« Qui a commencé ? »

« Qu’est-ce que tu lui avais dit avant ? »

« Pourquoi tu ne nous en as pas parlé ? »

Ces questions auront peut-être leur utilité.

Mais pas forcément dans les cinq premières minutes.

La première chose dont l’enfant a besoin est de savoir que vous avez entendu ce qu’il vient de vous dire.

On peut commencer beaucoup plus simplement :

« Merci de me l’avoir dit. »

« Je comprends que tu n’aies pas su quoi faire. »

« On va réfléchir ensemble à la suite. »

Et surtout :

« Tu n’as pas à gérer ça tout seul. »

Ce dernier point est important.


Un enfant qui a subi pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois a parfois déjà essayé énormément de choses avant d’en parler : ignorer, rire avec les autres, changer de trajet, rester près d’un adulte, répondre, ne pas répondre…

S’il finit par demander de l’aide, ce n’est pas le moment de lui expliquer tout ce qu’il aurait dû faire différemment.


Infographie douce listant les principaux signes pouvant faire penser qu’un enfant est harcelé : changements de comportement, maux physiques répétés, troubles du sommeil, refus d’aller à l’école, affaires perdues ou abîmées, isolement social et baisse du bien-être ou des résultats.

Pourquoi les enfants ne parlent-ils pas toujours ?


Il est facile, vu de l’extérieur, de penser :

« Mais pourquoi ne nous l’a-t-il pas dit plus tôt ? »

Parce que parler peut sembler extrêmement risqué.

L’enfant peut craindre :

  • que les représailles soient encore pires ;

  • que ses parents interviennent devant tout le monde ;

  • d’être considéré comme « une balance » ;

  • que personne ne le croie ;

  • qu’on lui réponde qu’il est trop sensible ;

  • que la situation devienne encore plus visible ;

  • ou simplement de décevoir ses parents en montrant qu’il n’arrive pas à se défendre.


Certains enfants ont également honte.

Non pas parce qu’ils ont fait quelque chose de honteux, mais parce que le harcèlement finit parfois par modifier la manière dont ils se perçoivent.

À force d’entendre :

« Personne ne t’aime. »

« T’es bizarre. »

« T’es moche. »

« Tout le monde se fout de toi. »

l’enfant peut commencer à se demander s’il n’y aurait pas une part de vérité là-dedans.

C’est l’un des dégâts les plus insidieux du harcèlement : le discours des agresseurs peut finir par devenir une petite voix intérieure.



Oui, il faut signaler. Mais ce n’est que la première partie du travail.


Lorsqu’une situation de harcèlement est identifiée, l’établissement doit évidemment en être informé.

Notez les faits.

Gardez les captures d’écran.

Conservez les messages.

Essayez d’obtenir des éléments précis : dates, lieux, personnes présentes, faits observables.

Non pas pour transformer votre enfant en enquêteur, mais parce que des informations concrètes sont souvent beaucoup plus difficiles à minimiser qu’un vague « ils sont méchants avec moi ».

Le 3018 peut également informer et accompagner les enfants, les parents et les professionnels dans les situations de harcèlement et de cyberharcèlement. Le service est gratuit, anonyme et confidentiel, 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h.

Mais il faut aussi être lucide sur un point :

avoir signalé une situation ne signifie pas que l’enfant se sent immédiatement en sécurité.

Une réunion peut avoir eu lieu.

Les élèves concernés peuvent avoir été convoqués.

Les adultes peuvent être informés.

Et pourtant, le lendemain matin, votre enfant peut toujours avoir mal au ventre devant le portail.

Ce n’est pas incohérent.

Son cerveau ne dispose pas d'un bouton « dossier traité ».


Le piège du « Ignore-les »


C’est probablement l’un des conseils les plus donnés aux enfants harcelés.

« Ne leur réponds pas. Ils finiront par se lasser. »

Parfois, effectivement.

Mais essayez d’imaginer la scène.

Vous entrez chaque matin dans un lieu où vous savez que plusieurs personnes vont probablement commenter vos vêtements, votre physique, votre façon de parler ou votre comportement.

Et votre seule stratégie consiste à faire comme si cela ne vous atteignait absolument pas.

C’est extrêmement difficile.

Surtout pour un enfant.

Il peut même finir par se sentir doublement incapable :

« Je n’arrive déjà pas à les arrêter… et maintenant je n’arrive même pas à les ignorer correctement. »

Il existe une différence importante entre apprendre à ne pas alimenter certaines provocations et demander à un enfant de subir silencieusement.


Protéger d’abord. Redonner du pouvoir ensuite.


On entend parfois qu’il ne faut surtout pas « surprotéger » les enfants.

Dans une situation de harcèlement, je mettrais les choses dans cet ordre :

on protège d’abord.

Lorsqu’un enfant ne peut plus se rendre quelque part sans avoir peur d’être agressé ou humilié, il appartient aux adultes de prendre leurs responsabilités.

Mais protéger ne signifie pas rendre l’enfant passif.

Une fois la sécurité prise au sérieux, on peut progressivement travailler sur tout ce qui lui redonne une capacité d’action.

Par exemple :

Comment répondre à une remarque ?

Pas avec la phrase parfaite apprise par cœur.

En testant plusieurs possibilités.

Que faire si l’autre rigole ?

Que faire si trois personnes sont présentes ?

Quand vaut-il mieux partir ?

À quel moment faut-il chercher immédiatement un adulte ?

Qui, précisément, peut-il rejoindre dans l’établissement ?

On peut même jouer les situations à la maison.

Vous jouez celui qui provoque.

L’enfant teste une réponse.

On recommence autrement.

On inverse éventuellement les rôles.

On rit parfois.

On observe ce qui donne à l’enfant la sensation d’être le plus solide.

Il ne s’agit pas de lui apprendre à gagner un duel verbal.

Il s’agit de lui permettre de ne plus découvrir chaque situation en direct, avec un cerveau déjà envahi par la peur.


Une ressource que je trouve particulièrement intéressante : Philippe Aïm


Sur ce sujet, il existe un livre que je trouve particulièrement intéressant : Face au harcèlement scolaire — La méthode concrète pour désamorcer les agressions, du psychiatre et psychothérapeute Philippe Aïm.

Je précise que cette recommandation n’est ni sponsorisée ni affiliée : je n’ai aucun intérêt financier à vous conseiller ce livre.

Je le cite simplement parce que son approche apporte quelque chose qui manque souvent dans les conseils classiques donnés aux enfants.

Philippe Aïm ne s’intéresse pas uniquement à la question :

« Comment faire intervenir les adultes ? »

Il pose également celle-ci :

« Comment redonner à l’enfant des moyens de faire face lorsqu’il se retrouve lui-même dans l’interaction ? »

Il développe notamment ce qu’il appelle le « jeu de l’idiot », ainsi que différentes mises en situation et manières de désamorcer certaines agressions verbales sans entrer dans une escalade. La nouvelle édition de 2024 a justement été enrichie d’outils d’analyse et de situations concrètes.

Ce que je trouve intéressant dans cette philosophie, ce n’est pas l’idée que l’enfant devrait régler seul son harcèlement.

C’est exactement l’inverse.

Les adultes restent responsables de sa protection.

Mais parallèlement, l’enfant peut apprendre des stratégies qui diminuent cette sensation terrible d’être totalement désarmé lorsqu’un autre s’adresse à lui.

Et psychologiquement, retrouver cette marge de manœuvre peut compter énormément.



« Mais mon enfant n'ose pas répondre »


Alors on ne commence pas par répondre au harceleur.

C’est une erreur fréquente de vouloir immédiatement construire un enfant ultra-assertif qui regarderait son agresseur droit dans les yeux en lui lançant la réponse parfaite.

Si votre enfant se fige lorsqu’il a peur, ce n’est pas un manque de volonté.

On peut travailler bien avant cette étape.

Par exemple :

  • reconnaître plus vite ce qui est acceptable ou non ;

  • repérer ses réactions corporelles ;

  • savoir vers quel adulte aller ;

  • réussir à raconter précisément ce qui vient de se passer ;

  • préparer une phrase extrêmement simple ;

  • la répéter en jeu de rôle ;

  • expérimenter plusieurs tons de voix ;

  • imaginer différents scénarios ;

  • travailler progressivement la posture et la confiance.

Une réponse apprise dans un environnement sécurisant est beaucoup plus facile à retrouver lorsqu’on en a besoin.

Et parfois, la première victoire n’est pas :

« J’ai réussi à lui répondre. »

C’est simplement :

« Cette fois, je n’ai pas été complètement paralysé. »


Quand le harcèlement s’arrête… mais que l’enfant reste en alerte


C’est une partie que l’on oublie souvent.

Les faits peuvent avoir cessé alors que l’enfant continue à vivre comme s’ils pouvaient recommencer à tout moment.

Il surveille qui entre dans la pièce.

Il interprète un rire au fond de la classe.

Il se demande si deux élèves qui chuchotent parlent de lui.

Il panique lorsqu’il reçoit une notification.

Il n’ose plus lever la main.

Il refuse certaines activités.

Il a mal au ventre le dimanche soir.

Ou il affirme que tout va très bien… mais fait tout pour ne jamais se retrouver dans une situation où il pourrait être exposé.

Ce n’est plus seulement la question :

« Comment faire cesser le harcèlement ? »

C’est maintenant :

« Comment aider cet enfant à retrouver suffisamment de sécurité pour recommencer à vivre normalement ? »

Et cette deuxième étape mérite parfois un véritable accompagnement.


Enfant souriant assis à côté de sa mère, dans un moment de soutien et de réassurance après une situation de harcèlement scolaire.

Reconstruire ne signifie pas oublier


L’objectif n’est pas de convaincre l’enfant :

« C’est terminé, donc passe à autre chose. »

Il peut savoir rationnellement que la situation est terminée tout en continuant à avoir peur.

On peut alors travailler plusieurs dimensions :

Retrouver confiance dans ses propres perceptions

Après avoir longtemps entendu qu’il exagérait, qu’il était trop susceptible ou que « c’était pour rire », l’enfant peut ne plus savoir s’il a le droit de trouver une situation désagréable.

Il faut parfois lui réapprendre :

« Si quelque chose te met profondément mal à l’aise, tu as le droit de le dire. »


Distinguer le passé du présent

Tous les rires ne parlent pas de lui.

Tous les regards ne sont pas hostiles.

Tous les nouveaux camarades ne vont pas recommencer.

Mais on ne réapprend pas cela par une simple explication.

Il faut souvent accumuler de nouvelles expériences de sécurité.


Reconstruire une identité plus grande que le harcèlement

Un enfant ne devrait pas devenir :

« l’enfant qui a été harcelé ».

Il est aussi celui qui dessine incroyablement bien.

Celle qui connaît toutes les espèces de chevaux.

Celui qui fait rire son frère.

Celle qui adore les mangas, les sciences, la danse ou fabriquer des choses impossibles avec trois morceaux de carton.

Ce sont aussi ces parties-là qu’il faut remettre au premier plan.


Et l’hypnose dans tout ça ?


L’hypnose ne fait pas cesser un harcèlement.

Elle ne remplace pas l’intervention des adultes.

Elle ne transforme pas non plus magiquement un environnement dangereux en environnement sécurisé.

Ce n’est donc jamais ainsi que je la présente.


En revanche, une fois la protection mise en place, elle peut trouver sa place dans un travail plus global auprès d’un enfant ou d’un adolescent qui reste marqué par ce qu’il a vécu.

On peut notamment travailler autour de :

  • la peur anticipatoire ;

  • l’hypervigilance ;

  • les souvenirs qui reviennent sans cesse ;

  • la confiance en soi ;

  • la capacité à se projeter à nouveau dans des interactions sociales ;

  • certaines réactions corporelles devenues automatiques ;

  • le sentiment d’impuissance.


L’objectif n’est pas d’effacer ce qui s’est passé.

C’est que ce qui s’est passé cesse progressivement d’occuper tout l’espace disponible.

Avant d’être hypnothérapeute, j’ai été enseignante.

Et s’il y a une chose que le terrain comme l’accompagnement m’ont appris, c’est qu’entre « le problème a été signalé » et « cet enfant se sent à nouveau bien », il peut rester beaucoup de chemin.

C’est précisément ce chemin-là qui mérite aussi notre attention.


Ce que votre enfant a surtout besoin de retrouver


Pas une réponse parfaite.

Pas une personnalité plus forte.

Pas la capacité à ne plus jamais être blessé par ce que pensent les autres.

Mais progressivement :

la certitude qu’il peut demander de l’aide ;

la sensation qu’il dispose de plusieurs possibilités lorsqu’une situation devient difficile ;

la confiance dans ce qu’il ressent ;

et l’expérience répétée qu’il n’est plus seul face à ce qui lui arrive.

Le harcèlement retire énormément de contrôle aux enfants.

Les aider à s’en sortir consiste donc à faire deux choses simultanément :

les protéger là où ils ne peuvent pas se protéger seuls, et leur rendre du pouvoir là où ils peuvent progressivement en reprendre.

C’est beaucoup plus utile que de leur demander simplement d’être plus forts.


Quand demander davantage d’aide ?


Si votre enfant refuse régulièrement d’aller à l’école, s’isole fortement, ne dort plus correctement, présente une anxiété importante, semble profondément dévalorisé ou si son comportement change durablement, il est important de ne pas rester seul avec la situation.

Et si votre enfant parle de mort, de disparition, de suicide ou exprime l’idée que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue, ces propos doivent toujours être pris au sérieux.

Le 3114, numéro national de prévention du suicide, est gratuit et accessible 24 h/24 et 7 j/7, y compris pour un proche inquiet. En cas de risque suicidaire imminent, appelez le 15 ou le 112.


Votre enfant semble être sorti de la situation, mais pas de la peur ?

Lorsque le harcèlement a cessé mais que l’anxiété, l’hypervigilance, la perte de confiance ou la peur de l’école restent très présentes, un accompagnement peut l’aider à retrouver progressivement davantage de sécurité et de liberté.



À retenir : le harcèlement scolaire ne se résume pas à apprendre à un enfant à mieux se défendre. Il faut d’abord le protéger, faire cesser les faits et lui montrer qu’il n’est pas seul. Ensuite vient le travail de reconstruction : retrouver de la sécurité, de la confiance et des moyens d’action.


Sources et ressources

  • Ministère de l’Éducation nationale — Enquête nationale sur le harcèlement scolaire, 2023

  • 3018 — Numéro national pour les victimes de harcèlement et cyberharcèlement

  • Philippe Aïm, Face au harcèlement scolaire — La méthode concrète pour désamorcer les agressions, Marabout, éd. 2024

  • 3114 — Numéro national de prévention du suicide


FAQ


Comment savoir si mon enfant est victime de harcèlement scolaire ?

Un changement durable de comportement peut alerter : refus d’aller à l’école, douleurs abdominales ou maux de tête récurrents, troubles du sommeil, baisse des résultats, affaires perdues ou abîmées, isolement, irritabilité ou peur de certaines personnes. Un signe isolé ne suffit pas à conclure, mais plusieurs changements simultanés méritent d’ouvrir la discussion avec l’enfant.


Que faire en premier si mon enfant me dit qu’il est harcelé ?

Commencez par l’écouter et lui montrer que vous le croyez. Évitez de chercher immédiatement ce qu’il aurait pu faire autrement. Ensuite, recueillez les faits aussi précisément que possible, conservez les preuves éventuelles et contactez l’établissement afin que des mesures de protection soient mises en place.


Faut-il dire à un enfant harcelé d’ignorer ses harceleurs ?

Pas comme unique stratégie. Ne pas alimenter certaines provocations peut parfois être utile, mais demander simplement à un enfant de « les ignorer » peut le laisser seul face à la situation. Il est plus utile de travailler plusieurs réponses possibles, de sécuriser son environnement et de lui apprendre vers quels adultes se tourner.


Dois-je intervenir directement auprès des parents du harceleur ?

En général, il est préférable de passer d’abord par l’établissement et les interlocuteurs chargés de traiter la situation. Une confrontation directe entre familles peut parfois augmenter les tensions ou compliquer la prise en charge. L’objectif prioritaire reste la protection de l’enfant et la traçabilité des faits.


Pourquoi mon enfant continue-t-il à avoir peur alors que le harcèlement a cessé ?

Parce que la fin des faits ne signifie pas nécessairement que le sentiment de sécurité revient immédiatement. Après une période de harcèlement, certains enfants continuent à surveiller leur environnement, redoutent certains lieux ou interprètent davantage les regards, rires ou interactions sociales comme potentiellement menaçants. Cette réaction peut progressivement diminuer avec des expériences répétées de sécurité et, si nécessaire, un accompagnement adapté.


Comment aider un enfant à retrouver confiance après un harcèlement scolaire ?

Il est utile de lui redonner progressivement des expériences dans lesquelles il se sent compétent, entendu et capable d’agir. Cela peut passer par des activités qu’il apprécie, des relations sécurisantes, des jeux de rôle pour préparer certaines situations, un travail sur l’affirmation de soi et, lorsque les conséquences restent importantes, un accompagnement psychologique ou thérapeutique.


L’hypnose peut-elle aider après un harcèlement scolaire ?

Elle peut être utilisée comme outil complémentaire lorsque l’enfant reste marqué par la peur, l’hypervigilance, certaines réactions corporelles, une perte de confiance ou des souvenirs envahissants. Elle ne fait pas cesser le harcèlement et ne remplace jamais les mesures de protection ni une prise en charge adaptée lorsque la situation le nécessite.


Quand faut-il consulter après un harcèlement scolaire ?

Lorsque l’anxiété devient importante, que l’enfant refuse régulièrement l’école, s’isole, ne dort plus correctement, se dévalorise fortement ou que son comportement change durablement, il est préférable de demander l’avis d’un professionnel. Toute évocation de suicide, de mort ou de disparition doit être prise au sérieux immédiatement.

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