ACT et perte de poids : accepter les envies plutôt que lutter contre elles
Dernière mise à jour : 15 sept.

Vous avez envie de chocolat. Presque immédiatement, une deuxième pensée apparaît : vous ne devriez pas, vous aviez décidé de faire attention, vous n’avez pas envie de « craquer » cette fois. Vous essayez alors de penser à autre chose, de vous rappeler votre objectif, de vous convaincre que l’envie va finir par passer ou que vous pourrez toujours en manger demain.
Pourtant, il arrive souvent qu’en cherchant à repousser cette envie, elle prenne au contraire davantage de place. Vous pensez au chocolat, puis au fait que vous ne devriez pas y penser, puis au fait que vous êtes encore en train d’y penser. Ce qui n’était au départ qu’une envie devient progressivement une lutte intérieure.
C’est précisément l’un des paradoxes auxquels s’intéresse l’ACT, ou thérapie d’acceptation et d’engagement. Cette approche ne consiste ni à céder systématiquement aux envies, ni à renoncer à un objectif de perte de poids. Elle propose plutôt d’apprendre à faire de la place à certaines sensations, pensées ou émotions sans les laisser décider automatiquement de ce que l’on va faire ensuite.
Autrement dit, au lieu de chercher constamment à faire disparaître une envie avant de pouvoir agir, l’ACT invite à développer une autre capacité : ressentir cette envie, l’observer, puis choisir malgré sa présence.
Pourquoi lutter contre une envie de manger peut devenir épuisant
Lorsqu’une envie apparaît, notre premier réflexe consiste souvent à vouloir la faire disparaître. C’est particulièrement vrai lorsqu’on cherche à perdre du poids, car le craving est alors facilement interprété comme une menace : il faudrait « tenir », ne pas céder, rester forte et ne surtout pas perdre le contrôle.
Le problème n’est pas que ces stratégies échouent systématiquement. Une envie peut effectivement diminuer, et il arrive que détourner son attention fonctionne très bien. La difficulté apparaît surtout lorsque la réussite dépend entièrement de la capacité à contrôler ce que l’on ressent ou ce que l’on pense.
Certaines envies persistent. Certaines pensées reviennent plusieurs fois. Certaines émotions sont inconfortables et ne disparaissent pas simplement parce qu’on aimerait ne plus les ressentir. Plus une stratégie repose sur l’idée qu’il faudra d’abord supprimer l’envie avant de pouvoir faire un choix différent, plus cette envie peut prendre de l’importance.
C’est précisément ce que nous avons commencé à explorer dans Perte de poids : pourquoi la volonté ne suffit pas toujours. Une méthode qui demande un effort de contrôle permanent finit par devenir extrêmement coûteuse à maintenir. L’ACT propose donc de déplacer une partie du travail : au lieu de consacrer toute son énergie à éliminer l’expérience intérieure, on apprend à modifier la manière dont on y répond.
Qu'est-ce que l'ACT appliquée à la perte de poids ?
L’ACT, ou Acceptance and Commitment Therapy, est généralement traduite en français par thérapie d’acceptation et d’engagement. L’un de ses objectifs centraux est de développer ce que l’on appelle la flexibilité psychologique, c’est-à-dire la capacité à rester en contact avec ce que l’on ressent et pense tout en continuant à agir d’une manière cohérente avec ce qui compte réellement pour soi.
Appliquée à l’alimentation, cette idée devient très concrète. Il ne s’agit pas de ne plus jamais ressentir de craving, de ne plus penser à certains aliments ou de rester parfaitement calme face à une envie. Il s’agit plutôt d’apprendre à traverser ces expériences sans qu’elles deviennent automatiquement des consignes.
Prenons une pensée simple : « Il me faut quelque chose de sucré. » Vous pouvez essayer de la supprimer, la contester ou argumenter avec elle. Mais vous pouvez aussi apprendre à la remarquer comme une pensée qui vient de traverser votre esprit. Dans ce cas, vous n’avez pas besoin de décider immédiatement si elle est vraie ou fausse. Vous pouvez simplement observer : « Je remarque que j’ai la pensée qu’il me faut quelque chose de sucré. »
Le contenu est presque identique, mais la relation à cette pensée change. Elle n’est plus vécue exactement comme une instruction. C’est ce qu’on appelle la défusion cognitive, et ce n’est qu’un des outils proposés par l’ACT.
TEST — Qu'est-ce qui vous fait le plus perdre le cap dans votre perte de poids ?
Avant d’aller plus loin, il peut être utile d’observer la manière dont vous réagissez lorsqu’une envie, une pensée ou une émotion vient perturber vos intentions alimentaires. Certaines personnes luttent surtout contre leurs cravings. D’autres se sentent rapidement entraînées par leurs pensées. D’autres encore utilisent la nourriture pour diminuer un inconfort émotionnel ou se retrouvent enfermées dans des règles très rigides.
Le test ci-dessous ne cherche donc pas à déterminer si l’ACT est « faite pour vous ». Il sert plutôt à repérer les processus qui semblent prendre le plus de place dans votre fonctionnement actuel et les outils qui pourraient être les plus intéressants à explorer.
1. Accepter une envie ne signifie pas y céder
C’est probablement l’un des malentendus les plus fréquents autour de l’ACT. Accepter une envie ne signifie pas se dire : « J’en ai envie, donc je dois manger. » L’acceptation concerne d’abord l’expérience intérieure. Vous pouvez reconnaître que l’envie est là sans devoir immédiatement la satisfaire, tout comme vous pouvez décider consciemment de manger sans considérer que vous avez « échoué ».
L’objectif est surtout de ne plus faire dépendre toute la décision de la nécessité de supprimer rapidement l’inconfort. Vous pouvez ressentir une envie forte et choisir de ne pas manger. Vous pouvez également décider de manger parce que vous le souhaitez réellement. Dans les deux cas, ce qui change est l’espace qui existe entre l’envie et l’action.
Mini-expérience : laisser l'envie être là
La prochaine fois qu’un craving apparaît, essayez de ne pas commencer immédiatement par chercher à le réduire. Pendant une minute, observez simplement ce qui se passe. Où ressentez-vous cette envie ? Dans la bouche, le ventre, la poitrine ? S’accompagne-t-elle d’images mentales, d’une agitation, d’une sensation de tension ou d’un dialogue intérieur très présent ?
Vous pouvez ensuite vous dire : « Cette envie est là maintenant. Je n’ai pas besoin de décider immédiatement quoi en faire. » Le but n’est pas de vérifier si le craving disparaît. L’expérience consiste plutôt à découvrir si vous pouvez être en présence d’une envie sans devoir la résoudre dans la seconde.
Cette logique rejoint directement l’urge surfing et les autres outils TCC et ACT pour traverser une envie de manger que nous avons déjà développés.
2. La défusion cognitive : une pensée n'est pas un ordre
Certaines difficultés alimentaires se jouent moins dans le corps que dans la manière dont nous répondons à nos pensées. Des phrases comme « il me faut quelque chose de sucré », « je vais forcément craquer » ou « j’ai déjà raté ma journée, autant continuer » peuvent rapidement être vécues comme des faits.
La défusion cognitive consiste justement à créer une petite distance entre ce que l’esprit produit et ce que l’on choisit de faire. Elle ne cherche pas nécessairement à remplacer une pensée négative par une pensée positive, ni à prouver que cette pensée est fausse. Elle aide plutôt à la reconnaître comme un événement mental qui peut être présent sans forcément gouverner le comportement.
Mini-expérience : « J'ai la pensée que… »
Choisissez une pensée qui revient régulièrement lorsque vous avez envie de manger. Prenons par exemple : « Je ne vais pas tenir. » Dites-la mentalement une première fois telle quelle, puis reformulez : « J’ai la pensée que je ne vais pas tenir. » Enfin, essayez : « Je remarque que j’ai la pensée que je ne vais pas tenir. »
Le contenu de départ n’a pas changé, mais votre position par rapport à lui peut devenir différente. Vous n’êtes plus complètement à l’intérieur de la pensée ; vous commencez à l’observer. Ce petit déplacement peut suffire à faire apparaître une question qui n’était pas aussi accessible quelques secondes plus tôt : « Qu’est-ce que je veux faire maintenant ? »

3. Arrêter de manger pour ne plus ressentir
Lorsque l’alimentation sert régulièrement à apaiser une émotion, le problème ne se résume pas au fait de manger sans faim. La nourriture peut avoir une fonction réelle : diminuer une tension, remplir un vide, créer une pause, détourner l’attention ou apporter quelques minutes de réconfort.
Dans cette situation, demander simplement à quelqu’un de « ne pas manger quand il est stressé » laisse intact ce que la nourriture permettait de réguler. L’ACT s’intéresse précisément à ce mécanisme d’évitement expérientiel, c’est-à-dire à notre tendance à chercher rapidement à modifier ou à supprimer une expérience intérieure désagréable.
L’objectif n’est pas de devenir indifférente à l’inconfort, mais de développer progressivement la capacité à rester quelques instants avec ce qui est présent sans devoir immédiatement le faire disparaître. Si vous vous reconnaissez dans ce fonctionnement, l’article consacré à [l’alimentation émotionnelle et au fait de manger ses émotions] permettra d’approfondir cette dimension.
Mini-expérience : qu'est-ce que j'essaie de ne plus ressentir ?
Lorsqu’une envie apparaît alors que vous n’avez pas clairement faim, essayez de vous demander : « Si je ne mangeais pas pendant les cinq prochaines minutes, avec quoi devrais-je rester ? »
La réponse peut être une émotion, une sensation, une pensée ou simplement de l’ennui. Il n’est pas nécessaire de résoudre immédiatement ce qui apparaît. Le simple fait d’identifier ce qui était présent avant le comportement alimentaire apporte déjà une information précieuse sur la fonction que la nourriture remplit à cet instant.
4. Retrouver de la flexibilité au lieu de manger parfaitement
Deux personnes peuvent manger exactement le même dessert alors qu’elles avaient prévu de ne pas en prendre et pourtant vivre la situation de manière complètement différente. La première peut penser : « J’en avais envie, je l’ai mangé, je continue ma journée. » La seconde peut conclure : « Voilà, j’ai encore craqué. La journée est fichue, autant continuer et je recommencerai demain. »
Le comportement initial est identique, mais la suite ne l’est pas. C’est là que la notion de flexibilité devient particulièrement importante. Une stratégie alimentaire très rigide transforme facilement chaque écart en preuve d’échec, alors qu’une approche plus souple permet de réajuster sans remettre en cause l’ensemble de la démarche.
L’ACT ne demande pas de renoncer à toute structure. Elle aide plutôt à éviter que les règles deviennent tellement rigides qu’elles finissent par organiser toute la relation à la nourriture.
5. Les valeurs : pourquoi voulez-vous réellement perdre du poids ?
Les valeurs occupent une place centrale dans l’ACT parce qu’elles donnent une direction au changement. Elles ne correspondent pas exactement à des objectifs mesurables. « Peser 65 kg » est un objectif. « Prendre soin de ma santé », « retrouver davantage de mobilité » ou « être plus présente dans ma vie » sont davantage des directions.
Cette distinction est importante, car une personne peut atteindre ou non un chiffre sur la balance tout en continuant à avancer dans une direction qui a du sens pour elle. Les valeurs ne servent pas à ajouter une couche supplémentaire de culpabilité. Elles ne doivent pas devenir : « Si ma santé comptait vraiment, je ne mangerais jamais ça. »
Elles fonctionnent plutôt comme une boussole lorsqu’une décision n’est pas évidente.
Mini-expérience : la question de la boussole
Lorsque vous êtes face à une décision alimentaire, essayez parfois de remplacer la question « Qu’est-ce que j’ai le droit de manger ? » par : « Quel choix me rapproche, ici et maintenant, de la manière dont j’ai envie de prendre soin de moi ? »
La réponse ne sera pas forcément de ne pas manger. Une relation flexible à l’alimentation doit aussi pouvoir inclure le plaisir, les repas partagés et les aliments choisis simplement parce qu’ils sont agréables. L’intérêt de la question est surtout de sortir d’une logique d’interdit pour revenir à une direction plus personnelle.

6. L'action engagée : faire quelque chose même quand l'envie est encore là
L’ACT ne s’arrête pas à l’observation. Accepter une pensée ou une émotion sans jamais modifier son comportement ne permettrait évidemment pas de construire de nouvelles habitudes. C’est pourquoi l’approche associe acceptation et action engagée.
Concrètement, cela signifie que vous pouvez ressentir une envie de grignoter tout en préparant votre dîner. Vous pouvez avoir la pensée « je n’arriverai jamais à changer » et lancer malgré tout l’audio que vous aviez prévu d’écouter. Vous pouvez être déçue d’avoir mangé davantage que prévu à midi et simplement reprendre votre journée au repas suivant.
Le changement n’a donc plus besoin d’attendre que vous vous sentiez parfaitement prête, motivée ou libérée de vos cravings. L’action peut parfois avoir lieu alors même que l’envie, le doute ou l’inconfort sont encore présents.

Pourquoi l'ACT peut être intéressante lorsqu'on cherche à perdre du poids
Une grande partie des méthodes de perte de poids indique ce qu’il faudrait faire. Elles donnent des règles, des stratégies ou des recommandations. Cela peut être utile, mais cela répond surtout à la question du quoi.
L’ACT intervient davantage sur le comment : que se passe-t-il lorsque vous savez ce que vous aimeriez faire, mais qu’une envie, une émotion ou une pensée rend ce comportement difficile au moment précis où il faudrait l’appliquer ?
C’est particulièrement pertinent lorsque votre problème ressemble à : « Je sais très bien ce qu’il faudrait faire, mais dans certaines situations, je n’y arrive pas. »
Si votre difficulté est principalement liée aux habitudes, il sera probablement plus utile de [comprendre comment le grignotage devient automatique]. Si vous avez surtout du mal à reconnaître le moment où vous avez assez mangé, le travail autour de [la faim et de la satiété] sera plus directement pertinent. Et si vous mangez régulièrement sans faim sans comprendre ce qui déclenche le comportement, vous pouvez commencer par faire le test « Pourquoi je mange sans avoir faim ? ».
L’ACT n’a donc pas vocation à remplacer tous les autres outils. Elle apporte surtout une manière différente de travailler la relation aux pensées, aux émotions et aux envies qui apparaissent pendant le changement.
ACT et hypnose : pourquoi associer les deux dans un audio ?
C’est précisément ici que le positionnement Alphazen devient intéressant. Un audio d’hypnose consacré aux comportements alimentaires n’est pas obligé de se limiter à répéter des suggestions comme « vous mangez moins » ou « vous préférez naturellement les aliments sains ».
Le travail hypnotique peut aussi être utilisé pour faire expérimenter mentalement une autre manière de traverser une situation difficile. Une personne peut par exemple revisiter en imagination un moment qui déclenche habituellement un craving, mais apprendre cette fois à remarquer les sensations, à laisser passer une pensée sans la suivre immédiatement, à retrouver ce qui compte pour elle puis à répéter une nouvelle réponse.
Autrement dit, l’hypnose peut servir de cadre pour intégrer des processus issus de l’ACT, comme l’acceptation, la défusion, l’attention au moment présent, les valeurs et l’action engagée. C’est justement cette logique que j’intègre progressivement dans les audios Alphazen consacrés aux comportements alimentaires : ne pas seulement chercher à « couper une envie », mais travailler plusieurs façons d’y répondre.
Votre test a identifié un mécanisme qui revient souvent chez vous ? Les audios Alphazen consacrés aux comportements alimentaires associent le travail hypnotique à différents outils issus notamment de l’ACT et des TCC. Selon l’audio, le travail peut porter sur les cravings, les pensées envahissantes, les automatismes, les émotions, la satiété ou la capacité à retrouver davantage de choix face à une envie.
Faut-il choisir entre accepter son corps et vouloir perdre du poids ?
Non, à condition de ne pas confondre acceptation et résignation. Accepter une situation actuelle signifie pouvoir la regarder telle qu’elle est, sans avoir besoin de la nier ou de se battre constamment contre elle. Cela n’empêche absolument pas de souhaiter modifier certains comportements ou de poursuivre un objectif de perte de poids.
De la même manière, vouloir perdre du poids ne nécessite pas forcément de faire de l’insatisfaction corporelle ou du jugement le moteur principal du changement. Il est possible de vouloir prendre davantage soin de soi tout en cessant progressivement d’utiliser la culpabilité comme méthode de motivation.
Cette distinction est importante, car une démarche destinée à améliorer la qualité de vie devient difficile à maintenir lorsqu’elle transforme toute l’existence en surveillance de la nourriture et du corps.
L'ACT aide-t-elle réellement à perdre du poids ?
Les recherches consacrées aux interventions basées sur l’acceptation et l’ACT apportent des résultats intéressants, mais il faut distinguer deux questions.
La première consiste à se demander si l’ACT peut aider certaines personnes à modifier leur relation aux cravings, aux émotions et à certains comportements alimentaires. Sur ce point, les travaux disponibles apportent des éléments encourageants, notamment sur plusieurs dimensions psychologiques et comportementales liées à l’autorégulation.
La seconde question serait de savoir si l’ACT « fait maigrir » à elle seule. Ce serait une conclusion beaucoup trop large. L’ACT n’est pas une technique qui entraîne mécaniquement une perte de poids. Elle peut plutôt constituer un outil au sein d’une démarche plus globale, notamment lorsque les difficultés sont liées à la rigidité, aux cravings, aux émotions ou à la manière dont une personne répond à ses pensées.
C’est aussi ce qui rend son association avec l’hypnose intéressante : il ne s’agit pas d’ajouter une technique miracle, mais de disposer de plusieurs leviers pour travailler des mécanismes différents.
Et si je mange quand même après avoir accepté mon envie ?
Alors l’exercice n’est pas forcément raté. C’est même un point essentiel de l’ACT.
Si vous utilisez l’acceptation uniquement comme une nouvelle stratégie pour faire disparaître rapidement le craving afin de ne pas manger, vous recréez discrètement la même logique de contrôle. Vous risquez alors de penser : « J’ai accepté mon envie, mais elle est toujours là, donc ça ne fonctionne pas. »
Le but est différent. Peut-être avez-vous attendu deux minutes avant d’agir. Peut-être avez-vous identifié pour la première fois une émotion qui précédait le comportement. Peut-être avez-vous choisi consciemment de manger quelque chose plutôt que de vous retrouver devant un paquet vide sans avoir réellement décidé. Peut-être avez-vous fait exactement comme d’habitude, mais compris plus clairement ce qui se jouait.
Toutes ces observations peuvent déjà constituer des étapes utiles. Le changement commence souvent bien avant la disparition complète du comportement.
Quand ces outils ne suffisent-ils pas ?
Les cravings et le grignotage du quotidien ne doivent pas être confondus avec un trouble des conduites alimentaires. Si votre alimentation s’accompagne de crises récurrentes avec perte de contrôle, de vomissements ou d’autres comportements compensatoires, d’une restriction importante, d’une peur intense de prendre du poids ou d’une souffrance majeure autour de la nourriture et du corps, la priorité est un accompagnement spécialisé.
Dans ce contexte, un audio autonome ne remplace pas une prise en charge médicale, psychologique ou nutritionnelle adaptée.
Accepter davantage pour retrouver davantage de choix
L’ACT peut sembler paradoxale lorsqu’on la découvre. Vous voulez moins subir vos envies, et on vous propose de commencer par arrêter de vouloir absolument les faire disparaître.
Pourtant, c’est précisément là que se trouve l’idée centrale. Une envie peut être présente sans devenir un ordre. Une pensée peut apparaître sans être traitée comme une vérité. Une émotion peut être inconfortable sans devoir être immédiatement supprimée. Et une journée peut contenir un choix différent de ce qui était prévu sans devenir une journée ratée.
L’objectif n’est pas de devenir parfaitement détachée de la nourriture. Il est de créer progressivement davantage d’espace entre ce que vous ressentez, ce que votre esprit vous raconte et ce que vous choisissez de faire ensuite.
C’est cet espace que l’ACT cherche en grande partie à développer à travers la flexibilité psychologique. Et dans une démarche de perte de poids, il peut parfois être beaucoup plus utile que d’essayer simplement d’ajouter encore davantage de contrôle.
FAQ
Qu'est-ce que l'ACT pour la perte de poids ?
L’ACT, ou thérapie d’acceptation et d’engagement, peut être utilisée pour travailler la relation aux cravings, aux pensées, aux émotions et aux comportements alimentaires. Elle cherche notamment à développer la flexibilité psychologique plutôt qu’un contrôle permanent des expériences intérieures.
Accepter une envie de manger signifie-t-il céder ?
Non. Accepter signifie reconnaître que l’envie est présente sans devoir immédiatement la supprimer. Vous restez ensuite libre de choisir votre comportement.
Qu'est-ce que la défusion cognitive appliquée à l'alimentation ?
La défusion consiste à prendre davantage de distance avec ses pensées. Par exemple, passer de « je dois manger du chocolat » à « je remarque que j’ai la pensée que je dois manger du chocolat » permet de traiter cette pensée comme un événement mental plutôt que comme une instruction.
Qu'est-ce que la flexibilité psychologique ?
C’est notamment la capacité à rester en contact avec ce que l’on ressent et pense tout en adaptant son comportement au contexte et à ce qui compte pour soi, plutôt que d’agir automatiquement pour éviter un inconfort.
L'ACT peut-elle aider contre les cravings ?
Des outils issus de l’ACT peuvent aider à modifier la manière dont une personne répond à un craving, notamment grâce à l’acceptation, la défusion et l’action guidée par les valeurs. L’objectif n’est pas nécessairement de supprimer toutes les envies.
Quelle différence entre ACT et TCC pour les envies alimentaires ?
Les approches se recoupent sur plusieurs points et l’ACT appartient à la famille des thérapies comportementales et cognitives contextuelles. L’ACT met particulièrement l’accent sur la relation aux expériences intérieures, l’acceptation, la défusion, les valeurs et la flexibilité psychologique.
Peut-on associer ACT et hypnose ?
Certains processus issus de l’ACT peuvent être intégrés à un travail hypnotique, par exemple observer une envie, prendre de la distance avec une pensée, se reconnecter à une valeur ou répéter mentalement une nouvelle réponse à une situation déclenchante.
L'ACT fait-elle maigrir ?
L’ACT n’entraîne pas mécaniquement une perte de poids. Elle peut constituer un outil au sein d’une démarche plus globale en travaillant certains processus psychologiques et comportements qui compliquent le changement.
Sources scientifiques
Hayes S. C., Luoma J. B., Bond F. W., Masuda A., Lillis J. (2006).Acceptance and Commitment Therapy: Model, processes and outcomes.Behaviour Research and Therapy, 44(1), 1–25.Article fondateur présentant le modèle de l’ACT, la flexibilité psychologique et les principaux processus utilisés dans cette approche. Consulter l’étude sur PubMed
Chew H. S. J. et al. (2023).Effectiveness of acceptance and commitment therapy on weight, eating behaviours and psychological outcomes: a systematic review and meta-analysis.Eating and Weight Disorders. PMID: 36763199. PMCID: PMC9918584.Cette revue systématique et méta-analyse a évalué 13 études sur l’ACT chez des adultes en surpoids ou en situation d’obésité. Les résultats sont plutôt favorables concernant la flexibilité psychologique et certains indicateurs liés au poids, mais restent hétérogènes pour plusieurs comportements alimentaires, ce qui justifie de rester prudent sur les effets directs de l’ACT sur la perte de poids. Lire l’article en accès libre
Di Sante J. et al. (2022).Efficacy of ACT-based treatments for dysregulated eating behaviours: A systematic review and meta-analysis.Appetite, 105929. PMID: 35032613.Cette méta-analyse de 20 publications portant sur 22 échantillons a observé des améliorations modérées des comportements alimentaires dysrégulés et de la flexibilité psychologique avec les interventions basées sur l’ACT, tout en soulignant le nombre encore limité d’études comparées à des traitements actifs. Consulter l’étude sur PubMed
Forman E. M., Butryn M. L. (2015).A new look at the science of weight control: how acceptance and commitment strategies can address the challenge of self-regulation.Appetite, 84, 171–180. PMID: 25445199. PMCID: PMC4314333.Les auteurs décrivent comment l’acceptation, la conscience des processus de décision et l’action guidée par les valeurs peuvent être intégrées au travail comportemental autour de la gestion du poids. Consulter l’étude sur PubMed
Forman E. M. et al. (2016).Acceptance-based versus standard behavioral treatment for obesity: Results from the Mind Your Health randomized controlled trial.Obesity, 24(10), 2050–2056. PMID: 27670400. PMCID: PMC5051349.Dans cet essai randomisé de 190 participants, une intervention comportementale enrichie d’outils basés sur l’acceptation a obtenu de meilleurs résultats pondéraux à 12 mois qu’un traitement comportemental standard. Il s’agit toutefois d’un programme complet de prise en charge, et non d’une démonstration qu’un outil ACT isolé entraîne à lui seul une perte de poids. Consulter l’étude sur PubMed
Iturbe I. et al. (2022).The effectiveness of acceptance and commitment therapy upon weight management and psychological well-being of adults with overweight or obesity: A systematic review.Clinical Psychology & Psychotherapy. PMID: 34802174.Cette revue de 16 essais randomisés conclut que les résultats les plus réguliers concernent surtout le bien-être psychologique et certains processus liés à l’ACT, tandis que les effets sur les variables physiques et les comportements alimentaires restent plus variables. Consulter l’étude sur PubMed




